Sélectionner une page

Ibn Batoutah (1355)

ibn battoutahAbu Abdullah Muhammad Ibn Abdullah Al Lawati Al Tanji IBN BATOUTAH (en arabe : أبو عبد الله محمد ابن عبد الله اللواتي الطنجي بن بطوطة) (Tanger, 24 février 1304- Marrakech, 1377) est un explorateur et voyageur musulman marocain.

À l’âge de 21 ans, il décide de partir en pèlerinage à la Mecque. C’est là que débute son périple : 29 années de voyages durant lesquelles il parcourra pas moins de 120 000 km, soit près de 4200 km/an, à travers l’actuelle Libye, la Perse, l’Asie centrale, la Chine…

Compilés en un livre appelé Tuḥfat al-nuẓẓār fī ʿağāʾib l-amṣār wa-ġarāʾib l-asfār, ses récits ont été dictés par Ibn Juzayy, grenadin et secrétaire du roi mérinide Abou Inan.
La rédaction du manuscrit fut achevée en 1355 à Fès, au Maroc.

Ci-dessous un court extrait de ce fameux manuscrit, aujourd’hui déposé à la Bibliothèque nationale de Paris.Bouna par Ibn Batouta

 

Ibn al-Athîr (1231)

‘Izz ed-Dîn Aboû’ l-Hasan ‘Ali ben el-Athîr Djezeri (1160-1233) est né à Djezîrat Ibn ‘Omar (actuellement Cizre en Turquie). Second fils d’un haut fonctionnaire, il fut lui-même chargé de plusieurs missions à la Cour de Bagdad, mais renonça à cette carrière pour se livrer tout entier aux travaux littéraires. Il a laissé divers ouvrages, dont plusieurs ne nous sont pas parvenus.

Le Kâmil fî’l-tarîkh, certainement son oeuvre la plus célèbre et prise pour référence dans son domaine, est considéré comme le plus important livre d’Histoire du monde musulman : il s’étend jusqu’à la fin de l’année 628 de l’Hégire.

Témoin oculaire des croisades et participant de la guerre sainte menée lors de la troisième croisade (entre 1189 et 1192), il en est reconnu comme l’un des principaux narrateurs.

Capture

Traduction française : M. ED. FAGNAN

Gouvernement de Zoheyr ben K’ays en Ifrîkiyya ; sa mort et celle de Koseyla

H’assân ben en-No’mân el-Ghassâni en repartit pour marcher contre Carthage, dont le prince, le plus puissant d’Ifrîkiyya, n’avait pas encore été attaqué par les musulmans. Cette ville renfermait une population innombrable de Roûm et de Berbères ; il l’attaqua et la serra de près, si bien que les assiégés, voyant le grand nombre des leurs qui étaient tués., s’embarquèrent et gagnèrent les uns la Sicile, les autres l’Espagne. H’assân entra dans la place l’épée à la main et la livra au meurtre et au pillage; puis il fit parcourir les environs par ses troupes, et les habitants effrayés s’étant empressés de venir le trouver, il leur fit autant que possible démanteler Carthage. Comme ensuite il apprit que les Roûm et les Berbères se concentraient pour lui résister dans les deux villes de Çat’ibûra et de Benzert (Bizerte), il marcha contre eux, et la ténacité des musulmans vint à bout de la résistance qu’ils opposèrent ; les ennemis durent fuir en laissant un grand nombre de morts. Cette région fut conquise, et H’assân, ne laissant aucune portion insoumise, inspira la crainte la plus vive aux habitants. Les Roûm qui purent s’enfuir se retranchèrent dans la ville de Bâdja, et les Berbères en firent autant à Bône. H’assân regagna alors K’ayrawân pour donner à ses nombreux blessés le temps de guérir.

Prise de Bône par les Francs ; mort de Roger et avènement de son fils Guillaume

En 548 (28 mars 1153) la flotte de Roger, roi franc de Sicile, sous le commandement de son page Philippe de Mehdiyya, alla mettre le siège devant Bône. Secondé par les Arabes, cet officier s’empara de la ville au mois de redjeb (sept.-oct.) ; il réduisit les habitants en captivité et s’empara de ce qu’elle contenait, mais en permettant [P. 124] à un certain nombre de savants et de gens de bien d’aller, avec leurs familles et leurs biens, se réfugier dans les localités voisines. Après y avoir séjourné dix jours, il regagna Mehdiyya en emmenant une partie des prisonniers, et de là rentra en Sicile. Roger le fit emprisonner à cause de l’indulgence qu’il avait montrée à l’égard des musulmans de Bône ; on disait d’ailleurs que Philippe et les autres pages, musulmans au fond du cœur, cachaient leurs croyances, et des témoins déposèrent qu’il ne jeûnait pas en même temps que le roi et qu’il était musulman. Roger le fit juger par un tribunal composé d’évêques, de prêtres et de chevaliers, qui le condamna à être brûlé, et cette sentence fut exécutée en ramadan de cette année (nov.-déc.). Ce mauvais traitement fut le premier qui fut (à cette époque) infligé aux musulmans de Sicile, mais Dieu ne tarda que peu à frapper Roger, qui mourut d’une angine dans la première décade de dhoû‘l-hiddja de la même année (fin février 1154) : il avait près de quatre-vingts ans et en avait régné vingt environ. Son fils Guillaume [I le Mauvais], qui lui succéda, eut une administration injuste et conçut des projets sinistres ; il prit pour vizir Mayo Barâni [Majone de Bari], dont le mauvais gouvernement provoqua le soulèvement de plusieurs places fortes de Sicile et de Calabre, et ce mouvement s’étendit jusqu’en Ifrîkiyya, ainsi que nous le dirons.

Insurrection des îles et de l’Ifrîkiyya contre la domination franque

L’exemple d’Omar fut imité à Tripoli par Yah’ya ben Mat’roûh’, puis par Mohammed ben Rechîd à Gabès ; d’autre part, l’armée d’Abd el-Mou’min s’empara de Bône, de sorte que dans toute l’Ifrîkiyya les Francs ne conservèrent que Mehdiyya et Sousse. Les habitants de Zawila, ville qui n’est séparée de Mehdiyya que par une espèce d’hippodrome, suivirent les conseils que leur fit parvenir ‘Omar de massacrer les chrétiens ; puis les Arabes du dehors vinrent aider les habitants de Zawîla contre les Francs de Mehdiyya, dont ils interceptèrent les approvisionnements.

Le Rocher du Lion

Rocher du Lion

Situé au pied du Ras-El-Hammam (Le Cap des Pigeons), le Rocher du Lion appelé localement Sidi Esayd, mesure pas moins de 17 mètres de hauteur, l’équivalent d’un immeuble de 5 étages. Il est surnommé ainsi tout simplement parce que sa forme rappelle la posture d’un lion assis.

D’ailleurs, le lion se révèle être un animal très présent dans la mémoire des Annabis comme le témoigne Louis ARNAUD dans son livre Bône, son Histoire, ses Histoires :
 » Enfant, vers 1890, j’en avais vu un au carrefour que forme le croisement des rues Gambetta et Perrégaux. Il était vieux et las, et paraissait avoir perdu toute vigueur. C’était un vieil indigène qui le tenait en laisse, comme un chien, et sans muselière, tant il devait être inoffensif. Le vieillard était fier de dominer enfin un lion, un vrai lion, en chair et en os. Mais depuis, je n’ai plus entendu dire, qu’il y en eut encore. Vers la fin du siècle dernier, cependant, quelques ravages dans les troupeaux d’alentour leur furent encore imputés. Il y avait encore un couple, car les lions n’aiment pas être seuls, qui circulait, disait-on, entre la forêt de l’Edough « .

L’histoire de la destruction du Rocher du Lion remonte à 1888, date de la construction de la batterie basse du lion au pied du rocher.
En 1914, au commencement de la première guerre mondiale, la marine française installe un poste photo électrique pour projecteur de 90 cm afin de monter la garde sur le rivage.

projecteur

Projecteur de 90 (cm) pendant la première guerre mondiale

En 1917 le Rocher du Lion, qui a traversé les siècles, est finalement détruit à la dynamite sous l’ordre d’un officier de la marine française : il gênait apparemment le balayage sur la mer des projecteurs à la recherche d’un éventuel sous-marin.